release notes:
Le "Remains" de Fedaden est un seul morceau de 35 minutes.
Il se conjugue pourtant au pluriel. Et pour cause. Tellement il
y a foule de bruits, de bruitages, de sons, de sonorités,
d'ambiances et d'univers dans la musique d'un seul homme.
Il s'agit de Denis Fedabeille qui joue avec des claviers et des
ordinateurs. Il jette des sons mélants ambient, abstract,
et electronica. Quelque part aussi, ça part en musique concrète.
On rêve de s'installer au milieu d'une pièce et de
se laisser envahir par les sons et les ambiances au centre d'une
poignée de haut-parleurs aux accents inédits.
La musique du vent sur un micro, la mélodie d'une mobylette
qui démarre, les bruits de la rue, des ambiances électroniques.
Du minimal et du vivant. Fedaden fait de la musique hybride. Il
tort, il tire, il respire. Il sonne les cloches des expériences
musicales puis à leur tour leur tort le cou.
Mais il y a aussi de l'instrumentation, plus classique, si on peut
dire. L'accordéon chante pendant qu'un enfant joue sous la
trainée doppler d'un avion. Et on tire un rideau et on ouvre
une porte. Fedaden est un orchestre à tiroirs. Il ne montre
rien d'abord. Il projette au compte-gouttes. Il déballe actes
après actes ses images intérieures. Et quand ça
doit exploser, ça explose. Et ça pique.
"Remains" peut signifier les "restes". Ou encore
les "souvenirs", ce dont on se rappelle. Peut être
Fedaden les confond volontairement. Il traduit ses souvenirs : l'enfance,
la rue, les immeubles comme sur la pochette du disque, le soleil
et les bruits du quartier. Quand il attendait le bus, il devait
entendre une musique. Qu'il retranscrit aujourd'hui avec inventivité.
Parfois, les restes ressurgissent, le refoulé remonte, la
douleur se ravive. Mais n'est que passagère. Il décrit
les niveaux de gris de l'enfance.
A l'image d'un film nostalgique, Fedaden nous présente avec
"Remains" des souvenirs de vacances ou d'enfance en apparence
décousus mais qui prennent écoutes après écoutes
tout/tous leur(s) sens. Comme un film de David Lynch en quelque
sorte. Une vision électronique passionnante.
- Emmanuel (www.indietronica.com) |